Elle survit à une chute de 10000 mètres dans un avion de ligne

C’est une histoire incroyable qui s’est passée le 26 janvier 1972, où Vesna Vulovic a survécu après l’explosion en plein vol d’un avion à 31’000 pieds ! Voici son histoire…

Il est 15:01 quand le DC-9 immatriculé YU-AHT décolle de Belgrade à destination de Berlin. Ce sont seulement 23 passagers qui se retrouvent à bord, accompagnés de 3 hôtesses dont Vesna, 22 ans. Elle n’aurait en réalité jamais dû se trouver dans ce vol, la compagnie l’ayant confondue avec une hôtesse de même nom.

Photo : Udo haafke

Ce 26 janvier 1972, les Oustachis, des insurgés du mouvement séparatiste croate réussissent à placer une valise piégée à bord du DC-9. C’est un engin artisanal à base d’engrais azotés et d’une minuterie rudimentaire qui se retrouve donc dans la soute avant de l’appareil.

Nous sommes en plein hiver, en croisière le commandant de bord annonce que l’avion est en stable à 31’000 pieds, la température extérieure est de -55°C et qu’ils approchent de la frontière qui sépare l’Allemagne de la Tchécoslovaquie.

A 16:08 un drame se produit : La bombe explose ! C’est une déflagration terrible qui se produit, qui plus est dans un espace confiné, augmentant terriblement les effets de l’explosion. Sous la violence du choc, la porte de la soute avant est expulsée vers l’extérieur ; elle emporte avec elle une partie du fuselage. En cabine, les masques à oxygène tombent, les passagers eux, viennent de subir de graves dommages aux tympans, avant d’être aveuglés par un brouillard de condensation dû au changement soudain de pression. Plus personne n’arrive à respirer à cette altitude, les oreilles saignent, tout ce qui n’est pas attaché s’envole vers l’avant, aspiré par le trou béant du fuselage.

Le plancher de la cabine est complètement pulvérisé au dessus de l’emplacement de la bombe, et finit par s’effondrer sous la pression des gaz brûlants. Le métal se déchire, sectionnant les câbles des commandes et vol… C’est un désastre…

Dans le poste de pilotage, les pilotes ont d’abord réagi à cette dépressurisation en enfilant rapidement leurs masques à oxygène, mais c’est peine perdue. L’avion se met à vibrer violemment, des bruits de détonations retentissent, et malgré tous leurs efforts sur les commandes, l’avion entre dans une chute infernale, il est incontrôlable.

Soumis à de fortes forces aérodynamiques dans sa chute, les ailes se plient, le fuselage se désintègre en de nombreux morceaux.

Les débris de l’appareil seront retrouvés sur les Monts Métallifères. L’appareil est désintégré et les débris jonchent le sol sur des centaines de mètres, à l’exception de la queue de l’appareil. Un tout petit bout qui sera retrouvé « presque » intact.

Il est 18:00, soit 2h après l’explosion, quand des villageois préviennent les secours et les guident vers la queue, affirmant avoir retrouvé une femme vivante. Les sauveteurs les suivent d’un air grincheux, ne pouvant croire à un tel miracle, et pourtant, c’est bien Vesna Vulovic qui sera retrouvée complètement désarticulée, pleine de sang et de fractures, mais vivante, dans ce minuscule tronçon de l’appareil.

Il est à noter que l’hôtesse n’avait pas eu le temps de regagner son siège au moment de l’explosion, elle était donc bel et bien en chute libre lors du plongeon. On estime que ce tronçon de fuselage serait tombé entre 200 et 300 km/h, et aurait été grandement amorti par la neige à son atterrissage.

Après 1 mois de coma puis 1 an et demi d’hôpital, c’est une vie normale qu’a retrouvée cette miraculée du ciel, décorée héroïne nationale, qui a d’ailleurs repris le travail chez une autre compagnie quelques mois après son rétablissement.

L’hôtesse est malheureusement décédée le 23 décembre 2016 à l’âge de 66 ans, mais son histoire restera à jamais gravée dans les annales des plus grands miraculés de l’histoire.