24 janvier 1966 : crash d’un Boeing 707 Air India

Il y a 56 ans, s’écrasait un Boeing 707 de la compagnie Air India, avec 117 personnes à son bord.

Le drame s’est produit le 24 janvier 1966, sur le vol Air India 101. C’était une ligne régulière reliant les villes de Bombay et Londres, avec 3 escales aux aéroports de Dehli, Beyrouth, et Genève. C’est à l’approche de ce dernier que l’accident a eu lieu.

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Illustration : Un Boeing 707 Air India

L’avion était un Boeing 707, immatriculé VT-DMN. Il était en descente en vue de son approche sur l’aéroport de Genève. Le déroulé est le suivant :

06:51 : Les pilotes entrent en contact avec le contrôle régional de Genève et annoncent leur position et leur altitude. Ils sont verticale VOR de Turin au FL310, avec une estimée du passage au Mont Blanc à 07:02.

Le contrôleur les autorise à la descente au FL200.

06:59 : L’avion est identifié au radar secondaire, puis le contrôleur les fait à présent descendre au niveau 190 (environ 5800 mètres).

07:00 : Le commandant de bord du vol indique au contrôleur aérien qu’il va atteindre le niveau 190. Le contrôleur lui rétorque alors de maintenir son altitude, sauf s’il peut poursuivre sa descente en condition de vol à vue, et en restant 1000 pieds au-dessus des nuages. Le pilote acquiesce et indique qu’il pense être en train de passer travers du Mont Blanc.

Pourtant, ce n’est pas vraiment le cas. D’ailleurs, le contrôleur qui l’aperçoit au radar lui répond qu’il a 5 miles nautiques jusqu’au Mont Blanc. Ce à quoi le pilote répondra « Roger », pour signifier qu’il a bien reçu le message.

Le contrôleur lui indique enfin le QNH de 1013, ce que le pilote collationnera avant d’indiquer quitter le niveau 190. Cette dernière transmission sera enregistrée à 07 heures et 55 secondes, juste avant la disparition de l’écho radar.

A l’époque, il était fréquent que les pilotes de vols commerciaux dérogent à leur route et leur altitude afin de montrer du paysage à leurs passagers. De prime abord, le contrôleur ne s’étonne alors pas vraiment de la perte du contact radar, pensant que le transpondeur de l’avion a volontairement été coupé, afin de s’approcher du Mont Blanc.

Entre 07:04 et 07:13, le contrôleur essaiera de joindre les pilotes par radio une dizaine de fois, sans succès.

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A 07:02, l’avion a percuté le Mont-Blanc à 4750 mètres d’altitude. 106 passagers et 11 membres d’équipage sont morts dans cette tragédie, ce qui chiffre à 117 le nombre total de victimes.

Ce ne sera que vers 10:30 TU, soit trois heures et demie après la perte de contact, que l’épave sera retrouvée.

Le hasard des coïncidences veut que l’avion impliqué dans ce crash en montagne portait le nom de Kangchenjunga, le 3e plus haut sommet montagneux du monde.

Les causes de l’accident

La commission d’enquête menée par le BEA publiera ses conclusions le 9 mars 1967, un peu plus d’un an après l’accident.

En cause, notamment :

  • Un des deux VOR à bord de l’appareil en panne aurait contribué à la mauvaise localisation de l’aéronef de la part de l’équipage.
  • Des conditions météorologiques pouvant altérer la visibilité à proximité du Mont Blanc aggravées par la faible hauteur du soleil, augmentant les risques de pénétrer dans la couche par inadvertance.
  • Une phraséologie insuffisamment précise :

Elle n’aurait pas permis au commandant de comprendre qu’ils n’avaient pas encore passé le sommet montagneux.

Montagne

Quand le contrôleur l’autorise à descendre à vue jusqu’à 1000 pieds au-dessus des nuages, le commandant approuve en précisant ensuite « And I think, we are passing abeam Mont Blanc now », traduit en français par : « Je pense que nous passons à présent travers Mont Blanc »

Le contrôleur répondra alors : « You have five miles to the Mont Blanc ». L’on pourrait traduire cela par « Vous avez 5 nautiques jusqu’au mont Blanc ». Le pilote répondra « Roger ».

Cette transmission aurait potentiellement été mal comprise, et fait penser à tort au commandant qu’ils avaient passé le sommet, tandis que le contrôleur voulait lui signifier qu’ils allaient le passer dans 5 nautiques.

Les découvertes récentes

Au fil des années, de nombreux débris ont été retrouvés. Quelques exemples récents :

  • 2008 : Un grimpeur découvre des journaux indiens datant du 23 janvier 1966, ainsi qu’un moteur de l’avion.
  • 2012 : Une valise de 9 kg contenant du courrier diplomatique est récupérée par un secouriste en montage.
  • 2013 : Un alpiniste découvre une boîte métallique contenant des pierres précieuses d’une valeur de plus de 300 000$. Il les confiera à la police afin qu’elles soient restituées à leurs propriétaires légitimes. Faute de les avoir retrouvés, le butin sera divisé entre l’alpiniste et la ville de Chamonix qui ont chacun touché 75 000€.
  • 2017 : Un alpiniste suisse à la recherche d’épaves a trouvé des restes humains et plusieurs débris, dont un moteur de l’avion.
  • 2020 : La découverte la plus récente a été faite suite à la fonte du glacier. Ce sont des journaux de 1966 toujours en bon état.

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