Comment les avions évitent les oiseaux ?

Les avions et les oiseaux ne font pas bon ménage. Véritables dangers, les oiseaux peuvent causer de graves dommages aux aéronefs. On appelle ce risque le péril aviaire, le péril animalier, le risque aviaire. Pour désigner une collision entre un oiseau et un avion, l’anglicisme « Bird Strike » est souvent évoqué.

Les avions n’ont pas de radar à oiseaux

Si c’est une évidence pour tout passionné, ça reste utile de le mentionner

La lutte aviaire

Les aéroports disposent d’un service de lutte contre les risques aviaires. Ce service est obligatoire sur les aérodromes :

  • Dont le préfet exerce les pouvoirs de police.
  • Qui accueillent au moins 1000 mouvements d’avions de plus de 12 mètres par an. (1 mouvement = 1 décollage ou 1 atterrissage). Les interventions doivent être permanentes sur les aéroports qui comptent plus de 25.000 mouvements commerciaux par an.

Aujourd’hui en France, 140 aérodromes disposent d’un service de prévention du péril animalier. 10 seulement ont un service permanent.

Ce service est assuré en grande partie par des agents du SSLIA (Service de sauvetage et de lutte contre l’incendie des aéronefs) ; c’est-à-dire les pompiers de l’aéroport.

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Lutte aviaire tirant une fusée. Photo : Dylan Clouet
Comment agissent-ils ?

D’abord en rendant l’environnement défavorable aux animaux. Cela se traduit par plusieurs choses :

  • Supprimer les arbres, buissons, etc, qui servent d’abris et de zones de reproduction aux animaux.
  • Supprimer ou protéger les points d’eaux comme les mares, les fossés, bassins de retenue, etc.
  • Limiter les sources de nourriture, en particulier les cultures proches des aérodromes susceptibles d’attirer les oiseaux. Les surfaces en herbe sont pas exemple dépourvues de trèfles, car ils sont très appréciés par les pigeons.

Ensuite par effarouchement. Il existe plusieurs méthodes destinées à faire fuir les oiseaux :

  • L’émission de cris de rapaces à l’aide de haut-parleurs situés sur le toit des véhicules
  • L’utilisation de systèmes à haut parleurs fixes ou mobiles placés en bord des pistes
  • Le tir de cartouches à blanc, de fusées crépitantes ou détonantes
  • Le tir au plomb sur espèces autorisées
  • L’utilisation de torches laser (par faible luminosité uniquement)

Des avions et moteurs améliorés

Les constructeurs d’avions et les motoristes ne sont pas insensibles à tout cela. Les avions sont conçus pour résister le mieux possible aux impacts avec les oiseaux. Les parties les plus sensibles sont évidemment les moteurs. Un trop gros oiseau ou un groupe d’oiseau peut être ravageur, causant un feu moteur voire son arrêt. La force de l’impact sera fortement dépendante de l’énergie cinétique (1/2 * masse de l’animal * carré de la vitesse de l’avion en m/s).

Avec les réglementations en vigueur, les certifications des moteurs nécessitent divers tests. La masse des oiseaux utilisés durant les tests dépendra de la taille du moteur. Pour un moteur de gros porteur par exemple, 5 essais seront effectués :

  • Ingestion de 16 petits oiseaux de 85 grammes : Ne doit pas avoir d’effets.
  • Ingestion d’un oiseau de 1.15 kg + 6 oiseaux de 700 grammes : doit pouvoir maintenir 75% de poussée.
  • Ingestion de 4 oiseaux de 1.15 kg  : doit pouvoir maintenir 75% de poussée.
  • Ingestion d’un oiseau de 2.5 kg : doit pouvoir maintenir 50% de la poussée.
  • Ingestion d’un oiseau de 3.65 kg : Perte totale de poussée acceptée.

Les impacts structurels doivent quant à eux, pouvoir encaisser des impacts d’oiseaux de 1.85 kg à la vitesse de croisière de l’avion. Un avion de ligne de type A320 volant à 820 km/h doit pouvoir résister alors à une énergie cinétique de 48.000 joules. Surtout, l’oiseau ne doit pas passer à travers le pare-brise… Mais évidemment le risque existera toujours !

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Lorsqu’un avion rencontre des animaux au départ ou à l’arrivée, il doit notifier la tour de contrôle le plus rapidement possible. Celle-ci fera alors intervenir la lutte aviaire. Enfin, chaque incident doit faire l’objet d’un rapport à consulter ici.

Quelques chiffres

  • Le taux d’incidents dits « sérieux » est d’environ 3 pour 100.000 mouvements d’avions.
  • 800 rencontres d’oiseaux sont enregistrées chaque année en France.
  • Les collisions ont lieu à 55% à moins de 50 pieds (15 mètres) de haut, lors des décollages et atterrissages. A 80% en dessous de 500 pieds (150 mètres).
  • Les collisions avec des mammifères (lièvres, lapins, chevreuils, sangliers…) sont de l’ordre de 20 à 30 par an en France.
  • 90% des incidents sont sans dommages

Deux histoires très connues en témoignent

Le Boeing 757 Thomson Airways

Le 29 avril 2007, l’appareil a été victime d’un bird strike, alors qu’il décollait de l’aéroport de Manchester. Tout ceci a été filmé et il est même possible d’écouter les échanges radio entre l’avion et la tour.

Le vol US Airways 1549

C’est sans aucun doute l’histoire de collision aviaire la plus connue.

L’événement se passe le 15 janvier 2009 à New-York. Le vol 1549 US Airways est opéré en Airbus A320. Peu après le décollage, l’avion est victime d’une rencontre avec un groupe d’oiseaux. La collision a été si brutale que les deux moteurs se sont arrêtés en pleine montée.

Ne pouvant ni retourner à l’aéroport de départ, ni se dérouter, l’avion s’est posé sur le fleuve Hudson. L’amerrissage était parfait, il n’y a eu aucun mort sur les 155 personnes à bord. Un film relate également cette histoire : Sully

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