Comment les avions reculent ?

Un avion peut-il faire une marche arrière ? La réponse est globalement non, mais nous allons voir pourquoi, comment ils font et quelles sont les exceptions à la règle.

Tout d’abord, il faut savoir que ça soit pour rouler au sol ou voler, un avion utilise la même source de poussée : ses moteurs.

Certes, le régime des moteurs au sol est très faible mais c’est bien lui qui permet d’avancer, et non une quelconque motorisation située dans les roues, d’où la problématique de la marche arrière.

Pour sortir d’un parking, il existe donc deux solutions

  • Le pushback

Le pushback est une manœuvre effectuée par un tracteur, (parfois très puissant tu l’imagine bien quand il s’agit de pousser un A380), qui reculera l’appareil sur le taxiway (chemins de roulage), pour placer l’avion en position pour le roulage.

Comment les avions reculent ? 1

  • Le roulage direct

Tous les parkings des aéroports ne nécessitent pas forcément de reculer. Il arrive que les aires de stationnement soient organisées de sorte à ce que les avions aient tout juste la place pour faire un demi-tour, ou rouler directement sur un taxiway.


Il y a aussi la solution dite « moins catholique »

  • les inverseurs de poussée

Les inverseurs de poussée servent à ralentir l’avion au moment de l’atterrissage. Ils se visualisent le plus souvent par une ouverture des réacteurs ou le déploiement de surfaces mobiles une fois que les roules viennent de toucher le sol.

Inverseurs de poussée

Ils fonctionnent en inversant le flux de l’air qui sera finalement expulsé vers l’avant, produisant une poussée contraire.

fonctionnement d'un inverseur de poussée

En inversant la poussée il est donc théoriquement possible de faire reculer un avion, ce que l’on appelle dans le jargon le Powerback, mais il y a plusieurs contraintes :

  • Ils ne sont pas vraiment conçus pour être utilisés à faible vitesse, et lors des atterrissages il est en général conseillé de les désactiver en dessous de 60 noeuds (110 km/h).
  • C’est très bruyant : C’est la fameux gros grondement qui résonne loin et fort quand un avion se pose. Inutile donc de créer des nuisances sonores supplémentaires tout ça pour reculer.
  • Ça demande quand même de la puissance : A la base, les moteurs ne sont pas conçus pour fournir une poussée inverse, le rendement est donc inférieur, ce qui demande de fournir plus de puissances aux moteurs = consommation plus grande = perte d’argent.
  • Il y a des risques plus élevés d’ingestion d’objets au parking en raison de l’augmentation de la poussée, et de dégâts causés par le flux d’air avant sur les installations aéroportuaires.

Les appareils à piston ou turbopropulseurs en revanche, peuvent effectuer ces manœuvres avec bien moins de contraintes en inversant simplement le pas des hélices. On pourrait citer les ATR, Jetstream 41, Lockheed C-130 etc..

Le Système EGTS

EGTS pour Electric Green Taxiing System est un système en développement destiné à motoriser les roues des trains d’atterrissages. C’est très similaire au Taxi-Bot, mais bien moins contraignant du fait de l’absence de machine supplémentaire. Pour le moment, seuls les avions mono-couloirs sont concernés, et les premiers appareils devraient en être équipés d’ici quelques années.
(Merci à Théo pour cette dernière technologie)

Si ce système viendrait effectivement à se mettre en place, on peut se demander en revanche comment feront les appareils devant reculer en virage. En effet les avions ne disposent pas de rétroviseurs, et un repoussage en virage demande une certaine précision dans l’alignement sur le taxiway. Peut-être seront-ils aidés par des marquages au sol, des capteurs électroniques ou encore de caméras extérieures ? A voir !


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