Que se passe-t-il si un passager meurt en avion ?

Voilà quelque chose de peu fréquent mais qui arrive quand même de temps en temps. On estime à 1 pour 8 millions le nombre de passagers qui meurent en plein vol. Mais du coup il se passe quoi quand on meurt à 10’000 mètres ?

Deux configurations possibles

Malaise cardiaque en cours

Si vous êtes en train de faire un malaise cardiaque, les membres de l’équipage entameront une réanimation. Celle-ci ne peut être arrêtée qu’à l’arrivée des secours ou sur décision médicale.

Arrêt cardiaque ancien

Si le malaise cardiaque est passé et que l’on s’en rend compte après, alors les membres de l’équipage doivent pouvoir reconnaître les signes du décès. Lividité, froideur, mydriase bilatérale, absence de pouls et de respiration sont des signes à vérifier. Attention : contrairement aux idées reçues, un défibrillateur ne permet pas de faire repartir un cœur qui ne bat plus !

La législation impose alors de prévenir le commandant de bord en lui précisant l’heure de décès et la nationalité du passager. Celui-ci préviendra par radio l’escale d’arrivée, et un compte rendu des circonstances du décès devra être déposé.

La première chose que l’équipage fera sera probablement de vous emmener à l’arrière de l’appareil afin d’épargner les autres passagers, et si possible sur une rangée de sièges libres. Autre possibilité : laisser le passager sur son siège, bien serrer sa ceinture, le couvrir (sauf la tête) et déplacer ses voisins.

Selon les procédures de la compagnie et la longueur du vol, vous pourriez être placé dans un sac  mortuaire, tête  visible. En effet, seul un médecin habilité sera à même de déclarer officiellement le décès. Peut-être que le personnel aura mal évalué la situation, et qu’en réalité vous respiriez toujours, même faiblement.

Évidemment, il est demandé au personnel de traiter votre corps avec dignité, et le manipuler à l’aide de gants.

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Maintenant, il y a deux cas possibles
  • Le déroutement

Dans le cas du malaise cardiaque en cours, l’avion sera probablement dérouté vers un aéroport doté d’assistance médicale. Le temps est compté, chaque minute compte. Si en revanche vous êtes vraiment mort, le déroutement pourrait être un choix du ressort du commandant. Cette décision sera rarement prise, et est plutôt mal vue par certaines compagnies.

  • Continuer le vol

Ce choix est le plus fréquent. Cela dépend de l’appréciation du commandant, l’état du passager, et des possibilités de se dérouter. Pour un très gros porteur, si ça arrive peu après le décollage, il lui faudra souvent brûler et larguer du kerosene pour pouvoir se poser avec une masse inférieure. Cette étape demande du temps, or le temps est précieux… Et comme on dit : le temps c’est de l’argent !

Il en est de même si vous êtes en plein milieu d’un vol transatlantique, les possibilités de déroutement sont peu intéressantes.

A noter que maintenant certaines compagnies incluent dans leurs appareils un compartiment pouvant accueillir un corps. C’était le cas de Singapore Airlines dans ses A340-500 (désormais retirés du service) qui effectuaient des vols pouvant durer jusqu’à 18:30 !

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