Trajectoire des avions : Comment ils se pilotent ?

Nous allons aborder une question pas très évidente pour tous, à savoir : Qui pilote l’avion ?
Ce sujet sera expliqué de manière la plus claire possible afin de le rendre compréhensible aux néophytes.


Sud-Aviation SE 210 Caravelle
Sud-Aviation SE 210 Caravelle

Revenons un peu en arrière, aux  débuts de l’aviation, quand les ordinateurs de bord n’existaient pas. Tous les avions se pilotaient entièrement manuellement, puis avec le développement des systèmes électroniques et des ordinateurs, les constructeurs ont commencé à introduire différents systèmes dans les avions.

Malgré cela, les avions restaient tout de même remplis de boutons et de cadrans en tout genre.
Pour gérer tout ça, il y avait 3 personnes dans le cockpit :
♦ Le pilote ( CDB = Commandant De bord ) ♦
♦ Le co-pilote ( OPL = Officier Pilote de Ligne ) ♦
♦ Le mécanicien naviguant ( OMN = Officier Mécanicien Navigant ) ♦

Le mécanicien naviguant était situé à l’arrière du cockpit et s’occupait en partie de la surveillance des systèmes. Depuis bien longtemps maintenant il n’existe plus. Les systèmes ayant été grandement simplifiés et regroupés, sa présence s’est vite révélée inutile. Ceci permit aux compagnies de réelles économies sur le personnel.

Photo : Sam Chui
Photo : Sam Chui

Depuis une trentaine d’années maintenant, les avions modernes sont équipés de tout un tas d’ordinateurs et de capteurs en tout genre. Ceux-ci permettent de contrôler en temps réel l’état des différents systèmes de l’avion, ainsi que son positionnement. Les cockpit modernes apparus assez récemment sont appelés Glass Cockpit, ce qui signifie que tous les cadrans analogiques ont été remplacées par des écrans numériques. 

Pour mieux comprendre, vous pouvez comparer ci-dessous 2 cockpits ayant presque 40 ans d’écart :

Trajectoire des avions : Comment ils se pilotent ? 1Trajectoire des avions : Comment ils se pilotent ? 2

Parmi tous ces ordinateurs il y en a un primordial, qui se nomme FMC ( Flight Management Computer = Ordinateur De Gestion De Vol  ). Cet ordinateur, couplé au pilote automatique permet à l’avion de gérer tout seul sa route, son altitude, sa descente etc.. Nous allons en savoir un peu plus sur lui quelques lignes en dessous.


Donc quand est-ce que les pilotes pilotent vraiment l’avion ?

Et bien ça dépend en fait. Au roulage au sol par exemple les pilotes contrôlent manuellement l’avion.  Cela reste également le cas quand l’avion s’aligne sur la piste et accélère. Puis quelques secondes après que l’appareil ait commencé sa montée, le pilote automatique est activé, et l’ordinateur de gestion de vol gère tout seul la trajectoire, la montée et la vitesse.
Évidemment, selon la situation dans laquelle l’avion évolue, les pilotes peuvent toujours contrôler manuellement chacune de ces manœuvres indépendamment des autres. 

Voici à quoi ressemble l’ordinateur de vol ( FMC )d’un Airbus A320 :

Trajectoire des avions : Comment ils se pilotent ? 3


Et comment l’avion choisit son chemin à suivre ?

Et bien c’est comme pour les voitures, contrairement à ce que certains peuvent penser, un avion doit suivre une route aérienne, et ne vole donc pas en ligne droite vers sa destination.
Un pilote ne vole pas où il veut, il doit suivre la route qu’il a déposé sur son plan de vol.
Une fois en l’air, un contrôleur aérien peut demander au pilote de changer de cap pour créer un espacement entre deux appareils trop proches, ou bien pour gérer un flux d’avion qui se présentent en trop grand nombre en même temps sur l’arrivée d’un aéroport.

Selon la densité du trafic, les contrôleurs aérien permettent souvent aux avions de faire une route directe sur un point cheminement, évitant certains détours, et donc un gain de temps. Dans ce cas, les pilotes n’ont qu’à entrer la donnée dans leur ordinateur de vol, et l’avion suivra les indications tout seul.


En fait si l’ordinateur gère tout, les pilotes glandent pendant le vol ?

Et bien pas vraiment… En vol, les pilotes ne dirigent plus manuellement l’avion mais doivent tout de même très régulièrement garder un œil sur les instruments et les systèmes, afin de vérifier que l’avion suit bien sa route, n’a pas changé d’altitude, ou ne présente aucune défaillance technique.
Durant le vol, ils communiquent également avec les différents contrôleurs aériens chaque fois qu’ils changent de zone.


Et l’approche ?

L’approche vers un aéroport est le moment le plus chargé du vol.
Les appareils disposent de systèmes de guidage à l’atterrissage, ( utilisables à condition que l’aéroport soit équipé pour ).
Selon les systèmes présents, les pilotes auront une charge de travail plus ou moins lourde.
Le plus courant est le système ILS ( Instrument Landing System = Système d’Atterrissage aux instruments ), qui permet un guidage horizontal et vertical de l’avion vers la piste.
Il y a également d’autres modes d’approche comme le VOR/DME par exemple qui permet seulement un guidage horizontal vers un point proche de la piste, et qui demande donc une gestion manuelle de la descente et de l’alignement final. 

Certains aéroports situés en zones difficiles en revanche nécessitent des approches manuelles. Dans ce cas les pilotes gèrent d’eux même la vitesse et la trajectoire de l’avion. Durant l’approche, il n’y a évidemment pas que la vitesse et la trajectoire à gérer. Les pilotes doivent suivre des procédures, comme allumer les lumières extérieures, déployer des systèmes comme les volets ( extensions des ailes qui permettent à l’avion de se maintenir en l’air à basse vitesse) , calibrer les instruments etc…


Une fois au seuil de piste, l’appareil se pose. Soit tout seul grâce au pilote automatique, soit manuellement, ça dépend des équipement présents, de la météo ou de l’envie des pilotes.

att ezy


Une fois que l’appareil a dégagé la piste, les pilotes ne vont toujours pas où ils veulent.
Le contrôleur aérien en charge des déplacements au sol leur donne le numéro d’un parking ainsi que les taxiways ( les routes au sol sur l’aéroport ) qu’ils doivent obligatoirement emprunter pour se rendre au parking.

Les taxiways sont présentés sous forme de lignes jaunes, et portent chacun un nom ( sous la forme d’une lettre ou d’une lettre + un chiffre, par exemple T5. 
Ces règles de roulage s’appliquent également lors des départs.

Trajectoire des avions : Comment ils se pilotent ? 4


L’article touche à sa fin, j’espère avoir été assez clair sur le rôle que jouent les pilotes dans le contrôle de leur appareil. Si vous avez des questions, ou des éléments qui ne vous paraissent pas assez clairs, n’hésitez pas à laisser un petit commentaire en dessous pour que nous puissions vous apporter une réponse.