A quelle altitude volent les avions de ligne ?





« Les avions volent à 10km d’altitude » C’est la réponse un peu vague que tout le monde donne, mais si nous étions plus précis et détaillés ?

La première chose à savoir est qu’en aviation, l’altitude ne s’exprime pas en mètres, mais en pieds, exception faite dans certains pays comme la Russie qui dans certains espaces de contrôle utilisent les mètres.

Pour rappel : 1 pied = 30 cm.

Il est vrai que les avions de ligne à réaction volent en général entre 30’000 et 40’000 pieds ( 9’200 et 12’200 mètres ), contre plutôt 17’000 à 25’000 pieds ( 5’100 à 7’100 mètres ) pour les avions de ligne régionaux à turbopropulseurs de type ATR (voir photo ci-dessous) ou Dash8 Q-400.


Comment les avions choisissent leur altitude ?

Juste avant de répondre à cette question, il faut savoir que les altitudes s’expriment en niveau de vol ( FL pour Flight Level ), en retirant les deux derniers zéro du nombre. Par exemple une altitude de 35’000 pieds s’exprimera FL350, une altitude de 8’000 pieds s’exprimera FL80.

Passé ce détail, nous allons détailler plusieurs facteurs qui déterminent l’altitude choisie :

  • Les réglementations
  • La distance
  • Le type d’avion
  • La météo

Les réglementations

Il y a une règle appelée « Règle semi-circulaire » qui veut qu’en France, un avion volant vers le sud ait un niveau de vol impair ( exemple : FL210, FL370, FL330 ), et un avion volant en direction du nord ait un niveau de vol pair ( exemple : FL280, FL 340, FL 380 ). Cette règle semi-circulaire s’applique en espace aérien RVSM (Reduced Vertical Separation Minimum), c’est à dire des espaces dans lesquels des règles de séparation minimales d’altitudes s’appliquent .

Pour

Voici un moyen simple de retenir cette règle pour ceux qui volent sur les jeux de simulation en réseau :

NORD est composé de 4 lettres, un chiffre pair donc un vol vers le nord aura un niveau PAIR 
SUD est composé de 3 lettres, un chiffre impair donc un vol vers le sud aura un niveau IMPAIR 

A noter qu’à partir du FL410, les niveaux impairs sont les FL450 et FL490 et les niveaux pairs sont les FL430, FL470 et FL510 ( espacements de 2000 pieds ).

ATTENTION toutefois, cette règle semi-circulaire change selon les différents espaces aériens, qu’ils soient RVSM ou non, ainsi que les pays. Dans de nombreux pays, la règle semi-circulaire fonctionne non pas selon les axes NORD/SUD mais EST/OUEST.


La distance :

Bon, c’est on ne peut plus logique mais il est évident qu’un avion devant faire un vol de 30 minutes n’aura aucun intérêt à demander une altitude de 37’000 pieds, à ce niveau là il n’aura pas eu le temps de monter qu’il faudrait déjà entamer la descente.

La consommation d’un avion est la plus élevée durant la montée, il faut donc trouver un bon compromis entre la distance et l’altitude à laquelle on doit monter.





Quel type d’avion et quelles caractéristiques :

Les avions à hélices volant moins vite que les avions à réaction, voleront forcément moins haut. Leur vitesse étant plus faible, la portance nécessaire en haute altitude leur serait insuffisante pour se maintenir en vol, la pression de l’air étant plus faible au fur et à mesure que l’on monte.

Le poids est également un facteur très important. imaginons un Boeing 777 ( très gros porteur long courrier ) étant rempli de ses passagers et devant parcourir 15’000 km, donc plein de carburant également, ne pourra pas monter dès le début vers une altitude de 43’000 pieds, mais plutôt 30’000 au début du vol, puis montera progressivement par paliers quand il se sera allégé en ayant brûlé une partie de son kérosène.

Cela tout simplement car si l’avion est lourd, il faut déjà plus de puissance de la part des moteurs, et donc garder une altitude moins élevée pour conserver une portance optimale.

 


La météo :

Les vents peuvent varier selon l’altitude, donc des vents seront parfois plus favorables à un certain niveau de vol qu’à un autre. Les vents les plus favorables étant les vents de dos, qui « poussent » l’avion, qui aura une vitesse par rapport au sol plus élevée pour une puissance X’ fournie par les moteurs, économies de kérosène à la clé !
En revanche, des vents de face ralentissent l’avion, pour cette même puissance X’ fournie par les moteurs, le vol sera plus long et donc la consommation plus conséquente.

Outre les vents, divers aléas météorologiques influencent le choix d’une altitude : Évitement d’un orage ou d’une altitude sujette aux turbulences par exemple. Un orage est un phénomène parmi les plus dangereux, et certains à l’origine de nombreux crashs dans l’histoire de l’aviation.

Chaque année les orages sont à l’origine de nombreux incidents, dont les plus fréquents sont les déformations de la carlingue causés par la grêle ( voir image ci-dessous, où un Airbus A320 de la compagnie Delta Airlines a du se poser en urgence à Denver, complètement endommagé par les grêlons et frappé 2 fois par la foudre. Les pilotes ont réussi à poser l’avion pratiquement sans visibilité, les vitres du cockpit ayant été sévèrement endommagées. Heureusement, personne n’a été blessé durant cet incident. )


Afin d’éviter ce genre de désagrément, quand les pilotes établissent leur plan de vol, ils se réfèrent donc aux cartes météo et peuvent changer leur route pour bénéficier d’un itinéraire plus favorable, et choisir une altitude qui leur serait plus convenable, tout en prenant en compte les contraintes des précédents facteurs vus précédemment.