Pourquoi les avions se crashent ?

Vous vous demandez pourquoi les avions s’écrasent ? Voici les principales raisons d’un crash.

L’erreur de pilotage

Les erreurs de pilotage arrivent tous les jours. Heureusement elles ne sont que rarement graves, et 2 pilotes plutôt qu’un ne sont pas de trop pour rattraper ou corriger son collègue. Les erreurs peuvent être très diverses comme l’oubli de sortir les volets au décollage, augmentant le temps de décollage. ça peut aussi être une erreur de configuration de l’ordinateur de bord avec par exemple un mauvais poids qui entraîne un mauvais calcul de la vitesse de décollage, la négligence de certaines procédures, des erreurs de calcul, un manque d’expérience, etc. Dans de très nombreux accidents, l’erreur humaine a été la conséquence d’une fatigue causée par des cadences de travail beaucoup trop élevées et même parfois non conformes aux réglementations internationales.

L’erreur de pilotage est souvent un facteur aggravant à d’autres problèmes que nous allons citer dans la suite de l’article, où des pilotes réagissent mal à une situation inhabituelle, soit parce qu’ils avaient la tête ailleurs ou qu’ils n’ont pas su réagir rapidement et conformément aux procédures.


La panne technique

Certaines pannes techniques peuvent être assimilées à de l’erreur humaine, par exemple une pièce qui n’aurait pas été changée, ou un mécanicien qui aurait mal fait une réparation. Ce fût le cas en 1990 sur le vol British Airways 5390 où un mécanicien avait remplacé le pare-brise du cockpit mais en utilisant les mauvais boulons. Le pare-brise s’est arraché en plein vol et le commandant de bord, qui n’était pas attaché, a été aspiré hors du cockpit. Par chance, ses jambes le retenaient et un steward le retenait pour ne pas qu’il s’envole. Le copilote a pu poser l’appareil rapidement, sauvant son commandant.

Image de reconstitution du vol BA5390

Les pannes techniques peuvent être très diverses. En général c’est l’usure de certaines pièces de commande ou du fuselage qui sont mises en cause. Certaines pièces vitales, même aussi minimes qu’elles soient peuvent amener un avion à sa perte. Prenons le cas du vol 261 Alaska Airlines où une simple vis de 55cm de long a cassé par usure. Cette vis tenait le compensateur de profondeur (partie permettant de de faire monter ou descendre l’avion). C’est tout naturellement que l’avion s’est mis à plonger entraînant les 88 personnes à bord dans une chute irrécupérable et mortelle.


La météo

La météo est un phénomène responsable de très nombreux accidents chaque année.
Les pires phénomènes sont les ouragans, les tornades et les orages composés de :

  • La grêle : Elle peut à la fois endommager sévèrement le fuselage, éclater le pare-brise et les moteurs, parfois jusqu’à leur arrêt.
  • Les vents : Dans un orage ils sont très violents et tournants. Ils peuvent amener l’avion à des pertes de vitesse très soudaines, suivis d’un décrochage et d’un crash.
  • Le givrage : Les sondes pitot qui calculent la vitesse et l’altitude de l’avion ont de fortes chances de geler dans un orage. Sans indication de vitesse et d’altitude, le crash est quasiment inévitable.
  • La panique : C’est plutôt une conséquence des facteurs cités précédemment, car en plein orage ou proche, il peut être assez difficile de garder son sang-froid et sa lucidité. De nombreux crashs ont été causés non pas par les orages directement mais par des erreurs des pilotes, qui trop concentrés par l’évitement des masses orageuses ont fini par commettre de graves erreurs de procédures.

Bon à savoir : La foudre n’est pas un danger pour les avions qui sont des cages de faraday. Un avion « frappé » par la foudre sera donc plutôt traversé par l’extérieur du fuselage. Il ne subira pas de dommages, et d’ailleurs ni les pilotes ni les passagers n’entendront ou ne ressentiront le phénomène.


Les attentats

De moins en moins fréquents avec l’accroissement des systèmes de sécurité aéroportuaires, les attentats ne sont jamais évitables à 100%. Le plus souvent ce sont des bombes placées à bord ou bien le détournement suite à des menaces par armes à feu, comme ce fût le cas pour les attentats du 11 septembre 2001.
Un attentat peut aussi être fait du sol par le tir d’une roquette.


Les collisions en plein vol

Elles sont de moins en moins fréquentes grâce aux protections comme le TCAS, un équipement couplé au transpondeur de l’avion, qui communique avec tous les appareils environnants et s’échangent leurs directions, vitesses, et altitudes. Deux avions dont les trajectoires vont converger recevront chacun dans le poste de pilotage des alarmes avec des instructions inverses pour éviter la collision. Un avion aura par exemple l’ordre de descendre, et le second de monter.

Si tous les avions de ligne en sont obligatoirement équipés, les avions de loisirs, ULM et les planeurs n’en ont pas tous, ce qui rend possible la collision entre un avion de ligne et un petit appareil. Pour ces derniers, il existe le FLARM, un genre de TCAS mais tous les petits appareils n’en sont pas équipés.

Pour limiter les risques de collision, les routes aériennes mondiales sont définies avec des niveaux d’altitude pairs ou impairs selon que l’on vole vers le nord/sud dans certains pays, ou est/ouest dans d’autres.


Le suicide

Les suicides sont souvent imprévisibles et ont entre autres été la cause de ces crashs :

  • Vol 630 Royal Air Maroc : 44 morts en 1994
  • Vol 990 Egypt Air : 217 morts en 1999
  • Vol 470 Mozambique Airlines : 33 morts en 2013
  • Vol 9525 Germanwings : 150 morts en 2015

Pour éviter les suicides, dans beaucoup de compagnies quand un pilote sort du cockpit pour uriner, un membre du personnel de cabine le remplace de façon à ce que jamais personne ne soit seul dans le cockpit.


Erreurs de forces armées :

Il arrive que par négligence de procédures ou autres causes plus obscures, des armées abattent des avions de ligne en les confondant avec des avions militaires ennemis ou espions. Dans ces « accidents » les facteurs aggravants sont souvent les mêmes :

  • L’appareil civil dévie par erreur de sa trajectoire et vient violer un espace aérien où il ne devrait pas être
  • Les militaires essaient de prendre contact avec l’avion sur des fréquences militaires, alors que l’avion de ligne ne peut évidemment pas les recevoir.
  • La panique : L’appareil non identifié approche rapidement des installations, il faut prendre très vite une décision !
  • Le manque de communication : Des informations qui circulent mal, et un haut placé militaire qui ordonne le tir alors que des personnes savaient qu’il s’agissait d’un avion civil.
  • La pression de la hiérarchie : Parfois, les pilotes de chasse venus identifier l’avion ont informé leurs supérieurs que la cible était un avion de ligne, mais ceux-ci ont quand même ordonné le tir du missile. Les pilotes des chasseurs ont ce lourd dilemme : Tirer et obéir sous pression, ne pas tirer et être radié de l’armée. Je vous laisse deviner quel choix prend souvent le dessus.

Il y a des histoires marquantes comme en 1978, le vol 902 Korean Air Line qui après avoir dévié de sa trajectoire se fait intercepter par un chasseur russe. Le pilote informe à plusieurs reprises ses supérieurs qu’il s’agit d’un avion civil mais l’ordre de tir est maintenu. Un premier missile part et rate l’avion. Le second touche l’avion et endommage l’aile gauche en tuant 2 passagers sur le coup. L’avion chute, s’enfonce dans les nuages et est perdu de vue par le chasseur. En pleine nuit, à 23:00, les pilotes réussissent à se poser en urgence sur un lac gelé, sauvant 107 des 109 personnes à bord. (Photo ci-dessous)

En 1983, rebelote pour la compagnie. Un 747 de Korean Air Line ayant dévié de sa route est abattu par un chasseur russe tuant 269 personnes à bord.

En 1988 c’est la Marine états-unienne qui abat un Airbus A300 au départ de Téhéran, en Iran. Alors que l’avion est en croisière et suit scrupuleusement sa route, le croiseur USS Vincennes détecte l’appareil et croit à une menace se dirigeant sur lui. Là encore un énorme manque de communication et une tentative de communication sur des fréquences militaires ont été à l’origine de cette erreur qui coûta la vie à 290 personnes.


Problèmes de conception

Parfois il arrive que des accidents ne soient la faute de personne. Quand les constructeurs conçoivent et testent leurs avions, il peut arriver que certaines pièces présentent des défauts ou spécificités non désirables, que la structure présente des soucis etc… En général on ne se rend compte de ces soucis que des années, voire dizaines d’années plus tard.

Exemples :

  • Vol Swissair 111 : 229 morts à cause d’un incendie à bord. En cause, un isolant utilisé dans l’avion a pris feu derrière le cockpit suite à un court-circuit. L’isolant a par la suite été banni et retiré de quasiment tous les avions au profit d’isolants non inflammables.
  • Vol TWA 800 : 230 morts ; un des réservoirs de l’avion était presque vide, et le fond de kérosène restant a produit une vapeur qui aurait été enflammée par un court-circuit (cause incertaine mais très probable). L’appareil a explosé en plein vol et les débris se sont éparpillés sur des centaines de km². Aujourd’hui, on injecte de l’azote dans les réservoirs vides pour chasser l’oxygène et éviter toute inflammation des gaz.
  • Vol British Midland 92 : 47 morts et 79 blessés. En montée, les ailettes du réacteur gauche se brisent et détruisent le réacteur. De la fumée s’introduit dans l’avion. Le pilote qui sent la fumée coupe le moteur droit, et l’avion se retrouve finalement sans moteur fonctionnel (gauche explosé, droit coupé volontairement).
    Pourquoi a-t-il fait ça ? Sur les anciens modèles d’avion qu’ils pilotaient, l’air conditionné injecté dans la cabine provenait seulement du réacteur droit. En sentant la fumée, les pilotes ont donc raisonné rapidement de la façon suivante : Un moteur est défaillant, il y a de la fumée dans la cabine, l’air conditionné vient uniquement du moteur droit, donc le moteur en feu est forcément le moteur droit.
    Manque de bol, dans ce nouveau type d’appareil, l’air conditionné provient des deux réacteurs. Problème : ce détail n’a pas été communiqué aux pilotes lors de leur formation, et ce n’était pas non plus indiqué dans la documentation de l’appareil. De plus, les indicateurs de vibration des moteurs, situés sur le tableau de bord, étaient illisibles car trop petits et différents des anciens avions.

Tous ces types d’accidents seraient arrivés un jour ou l’autre, et malgré un certain nombre de victimes, ce sont ces morts qui nous apprennent de nos erreurs et aident aujourd’hui les constructeurs à fabriquer des avions plus sûrs.


Désorientation spatiale

C’est un phénomène que l’on peut subir de nuit ou dans des nuages. Avec la perte des repères visuels extérieurs, un pilote peut subir une perception erronée de l’altitude, la position ou la vitesse de son avion. C’est ce dont je parlais rapidement tout à l’heure dans la partie des orages avec perte d’instruments. Ce fut la cause de la mort de John Fitzgerald Kennedy Jr aux commandes de son propre appareil.


Diverses causes

Il peut exister d’autres causes de crash très diverses comme :
– Une violente ingestion d’oiseaux causant l’arrêt des moteurs et le crash
– Un infarctus en plein vol d’un pilote d’avion de loisirs, seul aux commandes
– Ou encore plus improbable comme cette histoire incroyable : Le fils d’un pilote visitant le cockpit en plein vol s’installe sur le siège de gauche de son père. L’enfant de 15 ans est désormais aux commandes de l’Airbus A310. Peu après, il a exercé sans s’en rendre compte une pression sur les commandes qui a désactivé le pilotage automatique, et mis l’avion à cabrer… Il finit par décrocher.
Le copilote toujours assis à droite n’arrive pas à récupérer la chute tandis que le commandant ne peut rejoindre son siège à cause de la force centrifuge de la chute. Il se verra mourir, lui et les 74 autres personnes avec son fils aux commandes à sa place. C’est une faute extrêmement grave et inacceptable qui s’est passée ce jour-là sur le vol Aeroflot 593.


Causes inconnues

Parce qu’il y a certains mystères qu’il n’a jamais été possible de  reconstituer, c’est le cas du vol MH370 disparu en 2014. Même si des bouts de pièces ont été retrouvés sur des plages de la réunion et Mozambique, rien n’a pu expliquer à ce jour la cause de l’accident… Affaire à suivre !


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